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1 maj 2004
www.damagedcorpse.com
Françoise Duvivier
GOTTFRIED HELNWEIN
Introduction
... Au-delà du corps, il y a aussi, dans cette quête, un romantisme trompe-l'oeil, une concession ironique à notre imagerie médiatisée et qui nous trouble face à la terreur des grands désordres historiques d'un récent passé et de notre crise contemporaine, d'une certaine imagerie récupérée du national-socialisme de l'esthétique communiste, d'une omniprésence patriarcale où la femme ne devient qu'un objet érotique et complice, un moyen de produire l'enfant sacrifié au-nom de la race idéale, éduqué au service des régimes et des politiques présentes. Aussi, sous cette peau de l'imagerie de G.Helnwein, ce sont aussi nos vécus d'enfants brutalisés et violentés qui nous éclatent au visage et nous renvoient à notre état d'adulte vulnérable, voir impuissant. Mais de-même, l'impression esthétique de ces oeuvres d'art muet, nous amène à nous poser la question quant à notre séduction vis à vis d'une imagerie romantique, écho d'une attitude fasciste intériorisée et qui se reflète dans notre quotidien de chaque jour, ici et là, à-travers l'imagerie médiatisée et attractive, voir à la mode, où la résistance de l'individu perd espoir. La domination et la servitude reviennent comme des thèmes tourmentés et esthétisants chez G.Helnwein. La réalité sociale s'avère dés lors monstrueuse et complexe. Le "kitsch" prend une allure désespérante et devient objecteur de conscience sans nous donner la résistance contre les drames historiques, politiques et sociaux que nous subissons et refoulons. Toute cette "imagerie" révéle et dénonce notre statut d'individus martyrs et confrontés aux antagonismes de notre monde moderne.

J'ai pu connaître et surtout voir les travaux de Gottfried Helnwein à-travers des revues, et lire ses écrits. Si autrefois, il faisait partie de mon univers artistique contemporain, j'étais et j'étais seulement un peu interpellée par ses oeuvres mais sans y porter un grand intérêt. Seules certaines oeuvres m'appelaient, celles hyperréalistes du début et qui répondaient à la solitude urbaine, comme "Night hawks", "Boulevard of broken dreams "http://www.artafterdark.com/blvdofbrokendreams.htm# ... et d'autres.
Les oeuvres de cet artiste m'ont d'avantage sensibilisé après cette expérience ...
A travers mon étude, c'est la "vie-trompe-oeil" que je pus mieux percevoir, celle d'une béatitude esthétisée, d'un "kitsch" troublant et qui laisse entrevoir que derrière l'ordinaire de nos conventions, se dissimule notre complicité aux grands désastres et terreurs historiques, que derrière l'écran familial, un autre film se déroule, celle de l'enfance volée et non respectée, de l'infamie de la vie parce qu'on l'a faite infâme et indigne d'être vécue dans sa carcasse sociale ... Au sourire tiré par des élastiques pour encore mieux accentuer son pantomime grotesque.

Il suffit de s'absenter quelques jours du décor social après de longues années d'éducation et de dressage, cette absence et ce départ temporaire, pouvant être ici, une "near death experience" ... et l'on revient ici-bas, avec un regard plus neuf et plus critique.
Aussi, dans cette optique, je me permets de poser ces mots sur la recherche de Gottfried Helnwein ....
... Au-delà du corps, il y a aussi, dans cette quête, un romantisme trompe-l'oeil, une concession ironique à notre imagerie médiatisée et qui nous trouble face à la terreur des grands désordres historiques d'un récent passé et de notre crise contemporaine, d'une certaine imagerie récupérée du national-socialisme de l'esthétique communiste, d'une omniprésence patriarcale où la femme ne devient qu'un objet érotique et complice, un moyen de produire l'enfant sacrifié au-nom de la race idéale, éduqué au service des régimes et des politiques présentes. Aussi, sous cette peau de l'imagerie de G.Helnwein, ce sont aussi nos vécus d'enfants brutalisés et violentés qui nous éclatent au visage et nous renvoient à notre état d'adulte vulnérable, voir impuissant.
Mais de-même, l'impression esthétique de ces oeuvres d'art muet, nous amène à nous poser la question quant à notre séduction vis à vis d'une imagerie romantique, écho d'une attitude fasciste intériorisée et qui se reflète dans notre quotidien de chaque jour, ici et là, à-travers l'imagerie médiatisée et attractive, voir à la mode, où la résistance de l'individu perd espoir.
La domination et la servitude reviennent comme des thèmes tourmentés et esthétisants chez G.Helnwein. La réalité sociale s'avère dés lors monstrueuse et complexe. Le "kitsch" prend une allure désespérante et devient objecteur de conscience sans nous donner la résistance contre les drames historiques, politiques et sociaux que nous subissons et refoulons. Toute cette "imagerie" révéle et dénonce notre statut d'individus martyrs et confrontés aux antagonismes de notre monde moderne.
Aussi, à travers l'imagerie de G.Helnwein, c'est aussi ce film "The truman Show" qui se révèle. Dans l'hypocrisie fasciste, la cruauté se métamorphose en esthétique et beauté trompeuse et médiatisée. Et c'est aussi, à la manière de William Burroughs que nous sommes amenés à ce choc de conscience.
F.Duvivier Avril/mai 2004
ENGLISH
.... Over the body, there is in this work, an ironic concession to our media imagery that touch us facing the terror of the big historic disorders of a recent one passed and of our contemporary crisis, of a certain imagery where the woman becomes only an erotic object , a mean to produce the sacrificed child in the name of the ideal race, educated to the service of the systems and political present. Also, under this skin of the imagery of G.Helnwein, this is also, our lived mistreated and raped children that we burst to the face and we relate back to our state of vulnerable adult, see powerless. At the same time, the aesthetic impression of these art works bring us to ask the question on our enticement towards a romantic imagery, echo of an inner Fascist attitude and that reflects itself in our daily life, here and there, through the publicized and attractive imagery, see fashionable from which the resistance of the individual loses hope. The domination and the bondage become tormented themes in the art of G.Helnwein.
The social reality becomes monstrous and complex.The kitsch takes a despairing place and becomes conscience objecteur without giving us the resistance against the historic dramas, political and social that we undergo and repress. Also, I perceive all this imagery as revealing of our statute of individuals martyrs and confronted to the antagonisms of our modern world.
Also, through the imagery of G.Helnwein, this is also this film "The truman Show" that reveals itself. In Fascist hypocrisy, cruelty itself metamorphosis in aesthetic and misleading and publicized beauty. And this is also, to the manner of William Burroughs as we brought to this conscience shock">

Article issu du site de Gottfried Helnwein
Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance.Deuxième Table Ronde sur la Médecine, 6 avril 2001
Le « corps-humain » dans l’art pictural contemporain
Stéphane VELUT


"L’évolution du concept scientifique du corps, dont la médecine a fait un «produit», s’oppose à l’évolution de la représentation du corps dans l’art contemporain. Il suffit de se souvenir que le mot de « diabète insipide » était utilisé par les médecins du début du siècle pour souligner que, chez les malades en souffrant, les urines n’avait aucun goût, à l’inverse de celles des patients souffrant d’un « diabète sucré ». Il suffit de se souvenir de cela, ou des phtisiologues qui goûtaient les crachats, pour prendre conscience à quel point l’homme qui analyse de nos jours le symptôme a, grâce aux techniques, mis une distance considérable entre le corps de l’autre et lui-même. On ne voit plus, on ne touche plus, on ne sent plus, on ne goûte plus, on n’entend plus le corps de l’autre. On le fait toucher par un faisceau ultra-sonique, on le fait regarder par une machine à résonance magnétique, on le fait goûter par des réactifs chimiques, on le fait sentir par les cultures microbiennes. Le fait est là : le corps est devenu un produit qui se fabrique (fécondation in vitro), se répare, se modèle et éventuellement, usé, se jette après en avoir prélevé les pièces encore saines. Comme tout produit, on ne s’étonne pas que ceux qui en possède un réclament une notice d’utilisation, un manuel d’entretien, un service après-vente, et même, en option, des prestations supplémentaires. Ce « corps-produit » a relégué le « symptôme » au rang de « défaillance technique ». On en oublie la plainte que le symptôme engendre. La défaillance est un problème à résoudre. Résolu, la plainte disparaîtra. Que la défaillance ne puisse être corrigée, reste la plainte qui, pour celui qui soigne, devient une entité impalpable, sur laquelle il a peu de prise, car « trop humaine ». Alors il doit inventer un concept qui ferait de la plainte une défaillance technique. Il doit « techniciser » ce sur quoi il n’a pas prise, il se rassure ainsi. Il invente le soins palliatif, il rend rationnel ce qui est philosophique. Il rend technique ce qui est humain, il établit des conduites Presque codifiées face à la « fin de vie », il fait de l’humain une science, il parle de « sciences humaines ».
C’est dans l’apposition de ces deux mots que l’on décèle en réalité l’opposition entre le « corps-produit », vu par la loupe scientifique et le « corps-humain », vu par celle des artistes. Plusieurs oeuvres picturales contemporaines nous renvoient une image « hyper-humaine » du corps avec la même violence que la science nous envoie de notre propre corps une image « hyper-produit ».
Il suffit pour s’en convaincre de voir comment nous avons récemment appris que nous avions (enfin ! ?) décrypté la carte de la totalité de notre génome, carte qui nous est présentée comme la matrice dont nous serions tous les « produits », voire même les « similaires produits », la diversité étant simplement éludée. Ce qui nous fait, ce n’est plus ce que nous sommes, chacun, mais une matrice qu’il va bien falloir un jour ou l’autre maîtriser.
A l’opposé, plusieurs artistes contemporains nous rappellent, par leurs œuvres, ce qui nous fait et qui, montré frontalement, est beaucoup moins édulcoré que le simple produit de paires de chromosomes arrangées dans un ordre impeccable. Qui nous montrent en somme qu’il n’y a, chez l’homme, jamais rien d’impeccable. Il s’agit notamment de Francis BACON, Lucian FREUD, Gottfried HELNWEIN, Joël-Peter WITKIN et du « cas » David NEBREDA. Pour autant que leur intention ne soit pas forcément la subversion, ils ont au moins en commun de nous jeter au regard ce que cache la peau, ce qu’est la chose qui nous fait sous sa surface visible, cette autre chose que le pur produit d’une matrice."
Références
Les interprétations du symptôme, lieu de rencontre entre l’intime, le médical et le social.
Philippe BAGROS

La rhétorique du symptôme dans les Consultations de Jean Fernel (1497-1558)
Jean-Paul PITTION

La douleur, un symptôme équivoque dans un dessin de Dürer (1471-1528).
Jacqueline VONS

Le « corps-humain » dans l’art pictural contemporain
Stéphane VELUT

Les signes de la mort noire au XVIe siècle
Marie VIALLON-SCHONEVELD

Une image de la syphilis dans la Vénus et Cupidon de Bronzino ?
Maurice BROCK
Comment la médecine a-t-elle créé des symptômes dans le domaine de la sexualité ?
André FOUKS
06. avril 2001 Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance Stéphane VELUT



Other links to Gottfried Helnwein
http://modernisminc.com/artists/Gottfried_HELNWEIN/#
http://en.wikipedia.org/wiki/Gottfried_Helnwein
http://www.robertsandelson.com/gottfriedhelnwein_01.html
http://www.leadwhitegallery.com/artists/ghe-resume.asp

Others
W.Burroughs
http://epc.buffalo.edu/authors/burroughs/
http://www.cafardcosmique.com/auteur/burroughs.html
Bill Viola
http://www.cnca.gob.mx/viola/
Mark Pauline
http://www.srl.org/
Lorena Guzman
http://www.geocities.com/lorenaguzmanart/
Joel Peter Witkin
http://www.zonezero.com/exposiciones/fotografos/witkin/jpwdefault.html
Francis Bacon
http://www.francis-bacon.cx/
Gina Pane
http://www.arnolfini.demon.co.uk/visual_arts/gina_pane/
Lucian Freud
http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/freud/
The Truman Show
http://www.transparencynow.com/truman.htm





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